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M. Christian Poncelet
Président du Sénat
Année sans élection, 2006 ne fut pas pour
autant, pour le Sénat, une année de transition. Elle fut
même une année record, en particulier pour le temps consacré
à la séance publique. Pour la première fois, celui-ci
s’est approché de la durée des travaux préparatoires
en commission dont l’importance est la marque du travail sénatorial.
Cette activité est la conséquence du rôle du Sénat
dans le processus législatif et celle d’un programme gouvernemental
particulièrement soutenu.
Le Sénat a fait face dans sa pluralité, donnant la préférence
au dialogue, notamment sur le texte sensible de début d’année
relatif à l’égalité des chances qui a été
discuté jusqu’au bout dans l’ensemble de ses articles.
Tous les groupes ont pu exercer librement leur droit d’amendement
qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. Celle-ci
a également pu utiliser, plus que la majorité, la possibilité
de demander l’inscription de questions orales. Grâce à
la concertation menée avec les vice-présidents, les présidents
de groupe et les présidents de commission au sein de la Conférence
des présidents, on a pu constater un renouveau de l’initiative
législative puisque 14 propositions de loi ont été
adoptées définitivement, dont 9 d’origine sénatoriale,
et une réflexion fructueuse a été amorcée
sur l’amélioration des méthodes de travail de notre
assemblée.
Les actions de contrôle multiformes, pas toujours spectaculaires,
mais tenaces et redoutées, ont occupé un temps très
important, en séance publique comme en commissions : 95 rapports
d’information ont été déposés qui s’ajoutent
aux 86 rapports budgétaires soit, au total, plus que les rapports
législatifs. L’ensemble du champ de l’activité
publique a été couvert et notamment les matières
sensibles que constituent les affaires sociales, les questions de logement,
l’accès à l’éducation et à la
culture, l’approvisionnement en énergie et les problèmes
de développement durable qui lui sont liés.
Malgré le coup d’arrêt du non au référendum
sur le traité portant constitution européenne, les instances
du Sénat ont maintenu le contact avec leurs homologues européens,
tandis que la multiplicité des visites de haut niveau, notamment
de présidents des Sénats, confirmaient le rôle international
de la Haute assemblée.
2007 se présente sous un jour différent en raison de la
place que vont y occuper les consultations électorales présidentielle
et législatives. Le Sénat s’efforcera de tenir sa
place qui est celle d’assurer, par sa permanence, la continuité
du fonctionnement des pouvoirs publics. C’est un aspect de son rôle
qui est souvent méconnu mais qui rejoint en profondeur le besoin
de stabilité des Françaises et des Français dans
un monde agité, incertain, et placé dans un contexte international
qui demeure imprévisible. Ancré dans la diversité
de son corps électoral et des territoires qu’il représente,
le Sénat a en charge la sauvegarde d’une partie de l’identité
française et d’une certaine qualité relationnelle,
en permanence ouverte et attentive aux évolutions de la société.
Il se peut que son statut ou son rôle soient évoqués
au cours des prochaines semaines. Ce sont des débats qu’il
attend avec sérénité. L’attachement que lui
portent les Françaises et les Français, son ouverture constante,
la diversité des contacts que ses différentes instances
savent nouer, leur capacité d’écoute, lui permettent,
en effet, mieux qu’à d’autres, de saisir l’essentiel
et de maintenir sa disponibilité au service de la République.